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30/09/2012

Entretien avec Fabrice Luchini à l'occasion de la sortie du film "Dans la maison"

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Le film "Dans la Maison" du réalisateur François Ozon avec comme acteurs principaux Fabrice Luchini et Kristin Scott Thomas, sort dans les salles le 10 octobre. A cette occasion, Fabrice Luchini a répondu à quelques questions (l'interview de Kristin Scott Thomas est à découvrir dans le numéro de septembre-octobre du magazine Femmes Actives)

 

Deux ans après POTICHE, vous retrouvez François Ozon…

Fabrice Luchini : Je n’avais pas imaginé retravailler tout de suite après LES FEMMES DU 6, je ne suis pas du tout un kamikaze de l’action, au contraire, le théâtre prend beaucoup de temps dans ma vie. Mais c’est tombé comme ça. Je fonctionne au charme, je suis un affectif, si quelqu’un est courtois, élégant, drôle, sympathique, talentueux et qu’on aime travailler ensemble. Et puis il y avait le scénario. Je ne sais pas bien lire les scénarios ça m’intéresse moyennement, même pas du tout, c’est ma fille qui décide en général, mais là, quelque chose s’imposait. C’est inconcevable de refuser un scénario de cette dimension, avec ce suspense. C’était quelque chose d’enfin nouveau mais pas abstrait, qui fait du bien, ambitieux, pas psychologique.

Vous vous sentez proche de la manière dont Germain aborde la littérature ?

Fabrice Luchini : Disons que c’était dans mes cordes, mais c’est le metteur en scène qui est le responsable du déplacement de l’acteur vers le personnage, c’est lui qui m’emmène au personnage. Il est le patron, moi, je suis un instrument. Depuis quelques années, j’ai trouvé une méthode extraordinaire : je suis totalement obéissant. Ça me demande beaucoup moins d’énergie et les metteurs en scène m’emmènent vers la note dont ils ont besoin. Le cinéma, c’est une disponibilité, une vacuité. Tu dois arriver dans une sorte de somnolence sur le plateau. Je n’ai pas la prétention des grands acteurs qui disent qu’ils peuvent tout jouer. Et plus, j’avance, moins je l’ai. La responsabilité que j’avais ici, c’était juste que ce soit un peu vivant et drôle, même si le personnage est un peu dépressif. Un acteur doit être efficace.Tchekhov, c’est admirable, c’est les nuances intellectuelles, mais j’apprécie aussi la clarté de l’efficacité chez les acteurs de Feydeau, quand ils n’en sont pas prisonniers pour ne devenir que des machines.

Comme vous dans vos lectures sur scène, Germain est quelqu’un qui transmet l’amour des grands textes…

Fabrice Luchini : Oui mais moi, c’est très différent. Mon public au théâtre paye cinquante euros pour venir écouter Baudelaire ou La Fontaine, Céline ou Flaubert ! Germain n’est pas sur le registre du lyrisme, il ne pouvait pas être un «athlète affectif» comme dit Jouvet au sujet de l’acteur de théâtre. Et moi, non plus. Au théâtre, c’est moi le patron du cadre, surtout dans les one man show littéraires. Le cinéma, c’est moins physique, tu es pris dans le cadre du metteur en scène. François Ozon veillait à tempérer mes leçons de littérature, elles étaient très écrites. Il était obsédé que ça ne fasse pas du Fabrice Luchini !
 
Comment s’est passé le tournage ?

Fabrice Luchini : François est très agréable dans le travail, il est très singulier, très dans l’action. C’est lui qui fait le cadre, il est tout le temps occupé, tout le temps derrière la caméra, t’as envie d’être sur le coup pour faire partie de la troupe, de l’équipe. L’atmosphère sur le tournage est exceptionnelle, il crée une intensité. C’est un malin, un espiègle, un énigmatique. Il n’intellectualise rien, c’est un homme du faire, pas de l’analyse, ni de la conversation. Il n’est pas du tout XVIIIe siècle, c’est un homme de son époque. Il est très loin de mes écrivains. Il aime Virginia Woolf, moi Céline. On n’a pas de points communs mis à part Flaubert, mais on s’entend très bien.
 
Quelle a été votre impression en voyant le film ?
 
Fabrice Luchini : Une impression de confort. On perd tous les points de repère, mais au lieu que ce soit froid et abscons, c’est totalement confortable. On est suspendu, à un moment, on ne sait plus si on est dans la rédaction ou dans le réel et l’on s’en tape. C’est pas onirique comme dans beaucoup de films un peu pénibles où l’on ne comprend rien, où l’on est dans du sous Cocteau détestable. Et ce n’est pas non plus du réalisme psychologique. C’est vraiment, tant pis, je vais utiliser un mot un peu galvaudé : jubilatoire.
 

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